LATACUNGA ET LA PROVINCE DE COTOPAXI

Le volcan Cotopaxi et son sommet enneigé
LATACUNGA ET SES ENVIRONS

Perchée à 2 750m d’altitude, Latacunga est une destination réputée pour les amateurs de plein air souhaitant escalader le volcan Cotopaxi (cordillère Est) ou arpenter les routes des campagnes et des paramos du volcan Quilotoa (cordillère Ouest). Il faut savoir que les volcans sont nombreux ici, donnant leur nom aux provinces, capitales et rivières. Points de repère le long de la Panaméricaine et des sentiers excentrés, ils guident le voyageur qui sait reconnaître leurs sommets enneigés.
Cependant, nombreux ne font qu’un bref arrêt a Latacunga, ville de passage, sans découvrir son histoire et les richesses culturelles et architecturales de son centre historique. Lumière sur la Capitale de la Province de Cotopaxi !


Située sur le plateau andin couronné de part et d’autre de ses deux cordillères andines, Latacunga fut fondée par les espagnols en 1534 sous “Asiento de San Vicente Mártir de Latacunga”. Comme la majorité des villages coloniaux établis dans la Sierra, la région était déjà bien habitée par les communautes indigenes qui vivaient d’agriculture et d’artisanat. Au cœur des volcans, ces vallées fertiles offrent en effet un terreau idéal, parcouru de cours d’eau descendant des montagnes. Toutefois, de son passé colonial, elle n’a conservée qu’un petit secteur formée d’une dizaine de rue, ayant été détruite partiellement à deux reprises, en 1698 et 1757, puis complètement en 1877 par les éruptions et tremblements du volcan actif Cotopaxi. Latacunga fut de nouveau recouvert par les cendres en 2015, mais fut épargnée des coulées de laves. Autant vous dire que Latacunga dispose d’un plan d’évacuation, ponctué de panneaux à chaque coin de rue !

Dans la trame urbaine modernisée, quelques vestiges demeurent, reconstruits sur les ruines, révélant la résilience de certains équatoriens rebâtissant l’identité de leur ville et village – une résilience aujourd’hui fragile qui semble se tarir dans plusieurs centres historiques de l’Equateur a en croire la dégradation des édifices les plus anciens.

Les rues du centre historique de Latacunga

Ainsi autour du Parque Vicente Léon, parc principal de Latacunga, se dressent l’hôtel de ville datant de l’époque républicaine surmonté de deux condors de pierre, la palais provincial du XVIIe paré de pierres volcaniques du Cotopaxi, la cathédrale (1698-1757) et plusieurs maisons historiques accueillant aujourd’hui banques et commerces. Détruite par le tremblement de terre de 1757, la Cathédrale de Latacunga fut reconstruite en 1830 mêlant style roman avec sa coupole octogonale et son clocher ainsi que les influences mauresques de son style d’origine avec sa tour et ses tuiles colorées.

A la confluence du Rio Cutuchi qui divise la ville et du Rio Yanayacu, canalisé sous l’asphalte du centre historique, la Casa de la Cultura se dresse sur les vestiges d’un ancien moulin à eau appelé Molinos de Monserrat. Ce centre culturel abrite désormais un petit musée d’art et d’ethnographie. Fermé lors de ma visite, je pus toutefois en discerner les intérieurs et admirer ses constructions de pierres et d’aciers mécaniques avant d’être chassée par les aboiements d’un chien – le grand danger de l’Equateur ! Construits en 1676 par les Jésuites et les indigènes des villages environnants, puis rénovés en 1736, ces moulins furent réhabilités en 1967 pour accueillir la Casa de la Cultura Núcleo Cotopaxi, incluant un petit théâtre, une bibliothèque, des espaces d’expositions/ateliers. Construits de pierres et de chaux, les inondations et les catastrophes naturelles détruisirent certaines parties originelles des édifices, laissant plusieurs vestiges défiant le passage du temps. Les grains séchés moulu par les mécanismes de l’époque se répandaient au sol, une fois transformés en farine. Les ouvriers, des indigènes de la région, avaient alors pour mission de ramasser chaque grain, de les tamiser puis de les empaqueter afin de les acheminer par la suite dans les villes voisines, notamment à Quito. Le nom des moulins provient de la dévotion à la Vierge noire de Monserrat, vénérée en Catalogne (Espagne). Toutefois l’image peinte sur un large pan de mur révèle une vierge blanche, un changement de couleur dû aux nombreuses restaurations de la peinture pendant plus de 300 ans.

Latacunga est également réputée pour sa célèbre fête de la Mama Negra, l’une des plus importantes des hauts plateaux, mêlant rituels catholiques, précolombiens et civiques. Ayant lieu traditionnellement le 23 et 24 septembre, j’ai eu la chance de voir cette tradition colorée avec les défilés de centaines de danseurs costumés dans les rues du centre historique. Cette fête célèbre la Virgen de las Mercedes, recouvrant de fleurs l’eglise en son honneur. Protectrice de la ville, cette vierge aurait sauvé Latacunga de la colère du Volcan Cotopaxi a plusieurs reprises, même si la ville fut détruite trois fois par ce dernier. Permis les défilés aux costumes et musiques traditionnelles ponctués de nombreux personnages historiques (esclaves, conquistadors, indigènes) dans ce grand théâtre de rue se glisse également les “ashangueris”, des hommes portant de lourdes sculptures de cochon rôtis entiers, éventrés et flanqués d’une dizaine de cuyes (cochons d’inde), de poulets, de lapins, de bouteilles d’alcool et de cigarettes… Étrange parade dans ce décor traditionnel joyeux que je n’ai pu interpréter…. !

Incursion dans une Hacienda de 400 ans

Durant la période coloniale, de vastes étendues de terre furent accordées aux élites conquérantes en échange de services rendus à la couronne d’Espagne. Situées en grande partie dans la Sierra pour la richesse de ses vallées luxuriantes, ces haciendas sont devenus aux fil du temps des domaines autosuffisants. Au sein de ces milieux ruraux ponctués d’arbres ancestraux, des maisons historiques révèlent les modes de vie de l’époque de ces nobles familles espagnoles, mêlant influences architecturales d’Espagne et savoir-faire d’artisans locaux.
Nombreuses sont aujourd’hui hotels et restaurants luxueux, révélant un tourisme de luxe bien implanté en Equateur.
Pédalant en direction de Latacunga, j’ai dévié de la Panaméricaine afin de suivre des sentiers plus boisés et plus sereins. Une allée bordée de majestueux eucalyptus annonça la couleur de ma prochaine halte : la Hacienda La Ciénaga, construite au 17ème siècle. Reconvertie en hôtel depuis 1981, sa façade de pierre richement ornementée cache de beaux intérieurs ponctués de galeries et de grands foyers, un jardin fleurie magnifique et une petite chapelle au toit de bambou. Peu d’informations historiques sur l’histoire du lieu si ce n’est sur les propriétaires ainsi que les personnes qui y ont séjournés.

Plongée ses yeux dans l’eau turquoise des lagunes

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